Indicateur 24 — Veille sur les compétences, métiers et emplois
Vous devez suivre les évolutions des compétences, des métiers et des emplois dans vos secteurs d'intervention, puis exploiter ces enseignements pour maintenir vos prestations en phase avec les besoins réels du marché du travail.
Concerné : OF · CFA · VAE · CBC
L'indicateur 24 est la deuxième veille du critère 6. Là où l'indicateur 23 regarde le droit de la formation, celui-ci regarde vos marchés : comment évoluent les métiers, les compétences et les emplois dans les secteurs où vous formez ? L'enjeu est d'éviter les catalogues figés, déconnectés des besoins des entreprises et des bénéficiaires. Pour les nouveaux entrants, le guide de lecture prévoit un aménagement : au premier audit, l'auditeur vérifie que le dispositif de veille est établi, même si son ancienneté est limitée.
Ce que l'auditeur regarde le jour J
L'auditeur veut comprendre comment vous restez connecté à vos secteurs. Il vérifie :
- l'identification de sources pertinentes pour vos domaines : observatoires de branches, études des OPCO, France compétences, données France Travail, fiches ROME, presse professionnelle sectorielle ;
- la régularité de la collecte : tableau de veille, notes de lecture, participation à des événements professionnels du secteur ;
- l'exploitation concrète : création ou refonte d'un module suite à une évolution métier, ajustement des objectifs d'une formation, abandon d'une offre obsolète ;
- pour les CFA, la cohérence avec les besoins en compétences des employeurs du territoire et les référentiels des diplômes ;
- pour la VAE et le bilan de compétences, la connaissance actualisée des certifications, des passerelles et des débouchés utilisée dans l'accompagnement ;
- en audit initial de nouvel entrant, l'existence du système : sources choisies, rythme défini, premières collectes réalisées.
Mise en conformité pas à pas
- Cartographiez vos secteurs d'intervention et associez à chacun deux ou trois sources spécialisées : observatoire de branche, fédération professionnelle, étude annuelle de référence.
- Abonnez-vous et tracez : newsletters sectorielles, alertes sur les études de France compétences et de votre OPCO, publications de France Travail sur les métiers en tension.
- Consignez vos lectures utiles dans le même tableau de veille que l'indicateur 23, avec une colonne distinguant le type de veille : une organisation unique, trois indicateurs couverts.
- Exploitez et documentez : chaque évolution notable doit interroger votre offre. Notez la décision, même négative (« pas d'impact sur nos programmes »), c'est une preuve d'analyse.
- Une fois par an, faites une revue d'offre formalisée : quelles formations créer, actualiser ou retirer au vu de la veille ? Ce compte rendu est une preuve maîtresse.
Conseils terrain
L'exemple d'exploitation le plus convaincant est une modification datée de programme reliée à une source précise : « intégration d'un module sur l'IA générative suite à l'étude 2025 de l'observatoire de la branche ». Construisez deux exemples de ce type avant l'audit et gardez les versions avant/après du programme.
Si vous êtes nouvel entrant, ne cherchez pas à simuler un an de veille : présentez un dispositif crédible, des abonnements actifs, deux ou trois collectes déjà réalisées et une première exploitation, même modeste. L'aménagement prévu par le guide de lecture porte sur l'ancienneté des preuves, pas sur l'existence du système.
Appuyez-vous sur vos propres clients : les entretiens d'analyse du besoin, les échanges avec les entreprises et les retours des bénéficiaires sont une source de veille métiers parfaitement légitime, à condition de les consigner. Un compte rendu d'échange avec un employeur sur l'évolution d'un métier est une preuve terrain très appréciée.
Enfin, distinguez bien les trois veilles pour éviter les confusions en audit : le 23 couvre la réglementation de la formation, le 24 les métiers et compétences de vos secteurs, le 25 les innovations pédagogiques et technologiques. Un même tableau peut les accueillir, mais chaque ligne doit être correctement catégorisée et déboucher sur des exploitations propres.
Les preuves attendues par l'auditeur
- P.1Tableau de veille métiers daté avec sources, enseignements et actions décidées
- P.2Abonnements aux observatoires de branches, études OPCO et publications sectorielles
- P.3Programmes de formation actualisés avec versions avant/après reliées à la veille
- P.4Compte rendu annuel de revue d'offre fondé sur les évolutions des métiers
- P.5Comptes rendus d'échanges avec des entreprises sur l'évolution des besoins
- P.6Participation tracée à des salons ou événements professionnels du secteur
Les erreurs courantes en audit
- Confondre la veille métiers avec la veille réglementaire de l'indicateur 23
- Collecter des études sans jamais interroger ni actualiser son catalogue
- Sources génériques sans lien avec les secteurs réellement couverts par l'offre
- Absence de traçabilité des échanges terrain pourtant riches en informations
- Catalogue inchangé depuis plusieurs années sans aucune justification documentée
- Nouvel entrant présentant une veille simulée plutôt qu'un dispositif naissant crédible
Questions fréquentes — indicateur 24
+Quelle différence entre les indicateurs 23, 24 et 25 de Qualiopi ?
Trois veilles distinctes : le 23 suit la réglementation de la formation professionnelle, le 24 les évolutions des métiers, compétences et emplois de vos secteurs, le 25 les innovations pédagogiques et technologiques. Un tableau unique peut les regrouper si chaque ligne est catégorisée.
+Quelles sources pour la veille métiers de l'indicateur 24 ?
Les observatoires prospectifs des branches, les études de France compétences et des OPCO, les données France Travail sur les métiers, les fiches ROME, la presse professionnelle de vos secteurs et vos propres échanges avec les entreprises clientes.
+Comment un nouvel entrant valide-t-il l'indicateur 24 au premier audit ?
Le guide de lecture prévoit un aménagement : l'auditeur vérifie que le système de veille est établi. Présentez vos sources, vos abonnements actifs, un rythme défini et vos premières collectes, avec au moins un début d'exploitation.
+Comment prouver l'exploitation de la veille métiers en audit Qualiopi ?
Montrez un lien daté entre une information et une décision : module ajouté, objectifs révisés, offre retirée, ou décision motivée de ne rien changer. Les versions successives d'un programme reliées à une source précise constituent la meilleure preuve.