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Contrat de sous-traitance de formation : les clauses indispensables, point par point

Vous confiez une session à un formateur indépendant, ou un autre organisme vous délègue une partie d’une action : dans les deux cas, tout repose sur un document — le contrat de sous-traitance. C’est la pièce que l’auditeur Qualiopi demande en premier à l’indicateur 27, celle que la DREETS examine en contrôle, et celle qui protège chacune des parties si la mission tourne mal. Voici, clause par clause, ce qu’il doit contenir — et les erreurs de rédaction qui reviennent le plus souvent.

Pourquoi le contrat écrit n’est pas une option

Le cadre général de la sous-traitance en formation — plafond de 80 % du chiffre d’affaires CPF, certification Qualiopi du sous-traitant, NDA propre — est détaillé dans notre article sur les obligations de la sous-traitance en formation professionnelle. Le contrat est l’outil qui matérialise tout cela : sans écrit signé avant le début de la prestation, le donneur d’ordre ne peut démontrer ni la répartition des responsabilités, ni la vérification des compétences, ni l’encadrement qualité attendus par le référentiel.

L’économie des contrats éclaire d’ailleurs ce que l’intuition suggère : dans son article fondateur publié en 1979 dans le Journal of Law and Economics, « Transaction-Cost Economics: The Governance of Contractual Relations », Oliver Williamson — prix Nobel d’économie 2009 — montre que plus une prestation est spécifique et difficile à contrôler, plus la relation a besoin d’un cadre contractuel structuré pour éviter les comportements opportunistes. Une action de formation exécutée au nom d’un tiers, sous sa marque et sous sa responsabilité qualité, en est un cas d’école.

Les clauses indispensables, une par une

1. Identification complète des parties

Dénomination, forme juridique, SIRET, adresse — et surtout le numéro de déclaration d’activité de chacune des deux parties. Le NDA du sous-traitant est un point de contrôle systématique : s’il n’en a pas, c’est lui qui est en infraction, mais c’est le donneur d’ordre qui porte le risque en audit. Notre guide de la déclaration d’activité (Cerfa 10782) détaille la procédure.

2. Objet : l’action confiée, précisément

Intitulé de l’action, objectifs, contenu ou référence au programme annexé, public, prérequis. Une désignation vague (« prestations de formation diverses ») vide le contrat de sa valeur probante. En contrat cadre, cette précision passe dans les bons de commande ou annexes par mission.

3. Modalités d’exécution

Durée, dates ou période de réalisation, lieu ou modalité (présentiel, distanciel, formation hybride), effectif prévu, moyens pédagogiques et techniques mobilisés par le sous-traitant, modalités de suivi et d’évaluation des acquis. Ces mentions reprennent, pour l’essentiel, celles d’une convention de formation.

4. Prix et conditions de règlement

Prix de la prestation (à l’heure, à la journée ou au forfait), régime de TVA applicable — le sous-traitant titulaire de sa propre exonération de TVA le mentionne ici —, calendrier de facturation et délais de paiement.

5. Clause qualité et Qualiopi

C’est la clause qui fait la différence en audit. Elle doit prévoir : l’engagement du sous-traitant à respecter les exigences du Référentiel National Qualité pour les prestations exécutées au nom du donneur d’ordre ; la transmission des documents de preuve (émargements, évaluations, supports) ; l’acceptation des contrôles du donneur d’ordre ; et, pour les actions CPF, la situation du sous-traitant au regard de l’obligation de certification. Le donneur d’ordre reste responsable de la conformité — cette clause lui donne les moyens contractuels de l’assurer.

6. Documents administratifs de la prestation

Qui établit et signe quoi : feuilles d’émargement, certificats de réalisation, évaluations. En principe, ces documents sont établis au nom du donneur d’ordre, seul lié au client — le contrat doit le dire noir sur blanc pour éviter les documents à l’en-tête du mauvais organisme, une erreur classique relevée en contrôle.

7. Confidentialité, données personnelles et propriété intellectuelle

Confidentialité sur les informations du client final ; répartition des rôles RGPD (le sous-traitant agit généralement comme sous-traitant au sens de l’article 28 du RGPD, sur instruction du donneur d’ordre) ; sort des supports pédagogiques : qui en est l’auteur, qui peut les réutiliser, sous quelle licence.

8. Assurance, défaillance et résiliation

Attestation de responsabilité civile professionnelle du sous-traitant ; procédure en cas d’empêchement (remplacement, report) ; conditions de résiliation et sort des sessions déjà planifiées. C’est cette clause qu’on relit le jour où tout va mal.

Contrat de sous-traitance et convention : ne pas confondre

Le sous-traitant n’a aucun lien contractuel avec le client final : la convention de formation lie le donneur d’ordre à son client ; le contrat de sous-traitance lie le donneur d’ordre à son prestataire. Conséquence pratique : le sous-traitant ne facture jamais le client, n’apparaît pas sur la convention, et les documents remis aux stagiaires portent l’identité du donneur d’ordre. Tout montage où le client final paie directement le « sous-traitant » n’est pas de la sous-traitance — et sera requalifié en contrôle.

Les erreurs de rédaction les plus fréquentes

  • Contrat signé après la prestation, voire jamais signé — la date de signature est vérifiée.
  • NDA du sous-traitant absent du contrat, ou jamais vérifié.
  • Aucune clause qualité : rien sur le référentiel, les preuves, les contrôles.
  • Contrat cadre sans annexes par mission, impossible à rattacher aux actions réelles.
  • Copier-coller d’une convention de formation, avec des mentions inadaptées (le « bénéficiaire » n’est pas partie au contrat de sous-traitance).

Passez à l’action

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FAQ

Questions fréquentes

+Le contrat de sous-traitance de formation doit-il être écrit ?

Oui. Un accord verbal ou un simple échange d'e-mails ne suffit pas : le contrat écrit est la première pièce demandée par l'auditeur Qualiopi à l'indicateur 27 et par un contrôleur DREETS. Il doit être signé avant le début de la prestation et reprendre l'essentiel des mentions d'une convention de formation.

+Quelle différence entre convention de formation et contrat de sous-traitance ?

La convention lie l'organisme de formation à son client (entreprise ou financeur) ; le contrat de sous-traitance lie le donneur d'ordre au prestataire qui exécute tout ou partie de l'action pour son compte. Ce sont deux contrats distincts, avec des parties différentes — le sous-traitant n'a aucun lien contractuel avec le client final.

+Faut-il mentionner Qualiopi dans le contrat de sous-traitance ?

C'est fortement recommandé. Une clause qualité doit préciser que le sous-traitant s'engage à respecter les exigences du Référentiel National Qualité pour les prestations réalisées au nom du donneur d'ordre, et, pour les actions CPF, indiquer si le sous-traitant est lui-même certifié ou relève de l'exception micro-social sous le seuil réglementaire.

+Un contrat cadre annuel suffit-il pour plusieurs missions ?

Oui, à condition qu'il soit complété pour chaque mission par un document d'application (bon de commande, annexe) précisant l'action concernée : intitulé, dates, durée, lieu, effectif et prix. Un contrat cadre seul, sans rattachement aux actions réelles, ne permet pas à l'auditeur de vérifier la maîtrise de la sous-traitance.

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